07.12.2024

Se former à la charpente, la voilerie ou la sellerie nautique ? Bienvenue dans le « petit joyaux » des Ateliers de l’Enfer

Depuis 40 ans, en plein cœur de Douarnenez, ce lieu de formation unique en France forme des jeunes et des moins jeunes de tous les horizons aux grands métiers de geste et d’artisanat de l’industrie nautique. Découverte.

C’est un paradis de savoir-faire qui se nomme l’Enfer, du nom de cette place de Douarnenez (Finistère) où l’association a vu le jour à la fin des années 1970. Les Ateliers de L’Enfer s’étaient fixé à l’époque pour mission la préservation des savoir-faire maritimes. Depuis 1984, l’établissement dispense des formations professionnelles renommées en charpente marine, en voilerie et en sellerie.

Après 40 ans d’activité, son bilan est éloquent : plus d’un millier de stagiaires formés et 160 bateaux construits. A l’origine, la création des Ateliers de l’Enfer répondait à des besoins bien précis : sauvegarder les gestes ancestraux et permettre la restauration ou la reconstruction de bateaux patrimoniaux en bois. La charpente de marine a formé son premier pilier, rejoint rapidement par la voilerie puis, des années après, sous l’impulsion de la FIN (Fédération des industries nautiques), par la sellerie nautique.

Cultiver des savoir-faire

« A chaque fois, ces formations ont vu le jour pour permettre de remplacer une génération de professionnels qui partaient à la retraite, explique Thibaut Le Gall, le responsable de pôle des Ateliers de l’Enfer. Le métier de voilier se transmettait alors par tutorat, il n’existait pas de parcours de formation. Sauf que les patrons de voileries voyaient les compétences s'étioler, avec le risque qu’elles disparaissent pour de bon ».

Les Ateliers de l’Enfer ont permis de maintenir à flot et de réancrer ces savoir-faire autrefois courants dans les ports de France et d’Europe. Autant de métiers érigés au rang de métiers d'art, mais qui relèvent surtout de l’artisanat. « Des métiers de geste », comme aime à dire également Thibaut Le Gall.

La formation en charpente marine, de niveau CAP, accueille une vingtaine de personnes par an, quand les formations CQP (certificat de qualification professionnelle) voilerie et sellerie en accueillent 12 chacune. L’engouement est certain. « Nous avons trois candidatures pour une place en sellerie, par exemple. Les places sont chères », admet le responsable de la structure, qui attire des profils très variés, de 18 à 55 ans. De nombreux personnes en reconversion, demandeurs d’emploi ou non, s’y retrouvent en provenance de toute la France et même d’ailleurs en Europe. Et contrairement aux idées reçues, les femmes sont bien représentées et même très majoritaires en voilerie et en sellerie.

« Notre essence, l'enseignement par la pratique »

Mais à quoi ressemble la semaine d’un stagiaire aux Ateliers de l’Enfer ? « Les journées de travail sont intenses, de 8h à 17h, avec énormément de pratique », détaille Thibaut Le Gall. « L’essence des Ateliers de l’Enfer, c'est l'enseignement par la pratique. Nous construisons des bateaux qui seront vendus et auront un jour une vie en mer. Cela nous permet aussi de faire travailler les trois métiers ensemble. »

Car, ici, les liens et les échanges entre les trois spécialités sont permanents. « Les stagiaires en sellerie passent du temps en voilerie et inversement. C’est essentiel, car une partie du travail de sellier consiste à construire, par exemple, des éléments de protection pour les voiles ».

De nombreux débouchés professionnels

Ne croyez pas pourtant que les élèves travaillent uniquement selon des conceptions traditionnelles. Les Ateliers de l’Enfer forment à des métiers actuels en recourant aussi aux techniques et matériaux contemporains, aux plans numériques et autres machines-outils. La formation est ponctuée par ailleurs de deux stages d’un mois chacun en entreprise. Objectif : former des professionnels aptes à intégrer une entreprise à la sortie. Les débouchés ne manquent pas, que ce soit du côté de la construction et de la réparation de bateaux de plaisance que celles de navires de travail (pêche, transport de passagers…).

Pour les Ateliers de l’Enfer, l’horizon est dégagé et encore plus depuis qu’ils ont rejoint l’Institut Nautique de Bretagne, à l’été 2024. Cette fusion assure à la structure des moyens et une visibilité pour les années à venir. « Nous allons mutualiser de plus en plus nos moyens, mener des projets communs et créer des formations enrichies, sans aucune crainte de nous marcher sur les pieds, puisque nous sommes totalement complémentaires », se réjouit Thibaut Le Gall. Les échanges et les partenariats ont déjà commencé, et l'entité Groupe Institut Nautique – Les écoles des métiers du nautisme, a été créée pour fédérer les deux marques.

« Ce regroupement était naturel, comme une évidence, confie, enthousiaste, Laurent Winisky, le directeur de l’INB. C'est un petit joyau, avec une expertise unique en France, que personne ici ne voulait voir disparaître ! »



La page Actualités a notamment pour vocation de mettre en valeur les bonnes pratiques Emploi et Formation des entreprises de la filière nautique. Plusieurs entreprises y seront représentées ces prochains mois.